Les femmes, moteurs du développement périurbain

Ce week-end au Forum Ile-de-France 2030 de Bobigny organisé par Libération, je participais à la table ronde consacrée à la mobilité dans le périurbain. Le quotidien en a retenu l’article ci-après.

J’ai insisté sur les atouts à faire valoir du périurbains, sur le besoin de dépolluer les friches industrielles avant de s’attaquer aux terres agricoles franciliennes ou encore sur l’investissement de la Région pour le développement des circuits courts

La zone périurbaine d’Ile-de-France concentre 1,5 millions d’habitants. Une mobilité choisie, ou contrainte, qui concerne des familles écartelées entre leur domicile et leur travail. Comment les femmes s’adaptent-elles à cet environnement aux portes de la ville ?

La MC 93 de Bobigny accueillait le débat "Périurbain : mobilité forcée ou mobilité choisie ?" le 23 février 2013.

La MC 93 de Bobigny accueillait le débat « Périurbain : mobilité forcée ou mobilité choisie ? » le 23 février 2013. (Photo Ludovic Clerima)

Les hommes à la ville, les femmes à la campagne, ou plutôt en zone périurbaine. De nombreux ménages, à partir du deuxième enfant, décident de s’installer dans une zone intermédiaire entre la ville et la campagne. Motivés par une accession à la propriété plus facile, et par un cadre de vie différent, les couples cherchent de l’espace. Au moins une chambre par enfant, et de la tranquillité. Il faut que leur progénitures puisse courir sans gêner le voisin du dessous.

Pour toutes ces raisons, les quadragénaires n’hésitent plus à être mobiles. Tellement mobiles que les premières années de leur emménagement en zone périurbaine, l’homme et la femme, quand ils sont actifs tous les deux, travaillent en ville la journée et rentrent à leur domicile à la campagne le soir.

Mobile, oui, pour sûr il faut l’être. «Et encore, bien souvent dans un couple, c’est la femme qui gère l’organisation de la famille, donc on remarque qu’une femme sur cinq change de travail après le déménagement de sa famille», avoue Martine Berger, géographe.

Ce mode de fonctionnement est effectivement viable dans une famille avec enfant jusqu’à temps que Marius, l’aîné de la famille commence à faire du foot le mercredi après-midi, que Léa, la deuxième a rendez-vous chez l’orthophoniste tous les mardi soir, sans compter le petit dernier qui ne cesse d’être malade et qu’il faut aller chercher à la crèche tous les quatre matins.

Plus proches des écoles, des services de proximité et des collectivités locales, les femmes investissent leur environnement en zone péri-urbaine. «L’Ile-de-France cherche à aménager des villes multifonctionnelles afin de faire gagner du temps aux habitants en développant des services de proximité et des infrastructures adaptées à la vie de famille. Par conséquent les femmes sont les premières concernées par cette politique d’aménagement du territoire», note Alain Amedro, vice-président de la région Ile-de-France en charge du développement.

Si certaines femmes arrêtent les migrations pendulaires pour pouvoir gérer l’emploi du temps de la famille, elles ne sont pas pour autant inactives. «Contrairement à une idée répandue, la proportion de femmes actives est plus forte en zone périurbaine qu’en agglomération à données sociales égales», révèle la géographe qui a étudié la présence des femmes dans ces zones géographiques.

D’abord, parce qu’il faut qu’elles restent actives afin de contribuer économiquement à la vie du ménage et ainsi rembourser le pavillon fraîchement acheté. Leur taux d’employabilité est également plus fort car les villes nouvelles où elles habitent leur sont favorables. «C’est plus facile pour elles que pour les hommes, de trouver un travail dans ces villes basées sur une économie présentielle liée à la création d’école, de services de proximité, d’artisans…», révèle Martine Berger. Le cliché est important.

Alain Amedro est d’ailleurs surpris, «je ne pensais pas que l’emploi des femmes était plus conséquent dans le périurbain, mais il est vrai que la région favorise les secteurs de services où la proportion des femmes actives y est plus importante». Par rapport aux hommes, les femmes ont un autre atout pour trouver un emploi proche de leur domicile : l’inter-connaissance. Autrement dit, le bouche à oreille. Par la maman d’un copain de son fils aîné, ou la voisine qui a une amie qui travaille dans le même secteur d’activité qu’elle.

Les femmes en zone-périurbaine ont davantage de temps que les hommes d’apprivoiser leur environnement, et ainsi créer des liens de proximité qui l’aideront dans sa recherche d’emploi, dans le secteur du privé. Un autre phénomène arrivent. «Des femmes travaillent autour des loisirs de leurs enfants. Elles deviennent salariée à temps partiel dans l’association sportive ou culturelle de leur commune», explique la géographe.

Les ménages franciliens, et les femmes en particulier, ont trouvé un nouvel équilibre pour gérer leur mobilité. Même si elle peut-être choisie sous la contrainte, les ménages ont investi leur nouvel espace entre ville et campagne, sous le signe de la femme.

Une réflexion au sujet de « Les femmes, moteurs du développement périurbain »

  1. Un super article, bien ressentit, c’est la réalité des femmes courageuses et volontaires qui ont compris que la famille était un trésor à protéger ! Mais que certains hommes transmettent le message, c’est aussi formidable ! Merci !

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