Des chaudières alimentées en bois local (du gâtinais)

Démarche unique en Ile-de-France : une société coopérative est lancée aujourd’hui à Milly à l’initiative du parc naturel régional du Gâtinais Français (article du Parisien ci-dessous). Surnommé « pays des mille clairières et du grès » en raison des 3 rivières et nombreuses sources qui le ponctuent il est classé « Parc Naturel Régional » depuis bientôt 14 ans. Le Parc est aujourd’hui au cœur des préoccupations en matière de préservation de l’environnement et du patrimoine naturel et culturel. Il a un véritable rôle d’accompagnateur des communes dans leurs démarches d’urbanisme mais aussi de gestion des déchets, d’environnement, d’économie sociale et solidaire… Dans cette création de coopérative, c’est son action de promotion de savoir-faire local et de développement économique durable, local et non délocalisable qui se voit récompensé.

Ce bois-là ne va pas vraiment crépiter comme dans les cheminées traditionnelles. Mais il chauffera bientôt une partie des quelque 82000 habitants des 69 communes adhérentes au parc naturel régional (PNR) du Gâtinais (36 villes de l’Essonne, 33 en Seine-et-Marne). Aujourd’hui, une nouvelle entreprise va voir le jour à Milly-la-Forêt : la société coopérative d’intérêt collectif (SCIC).

Elle est lancée par PNR du Gâtinais, qui s’inscrit dans une « démarche pionnière » en Ile-de-France.

« Grâce à cet outil qui met en lien les propriétaires fonciers, les utilisateurs et les entreprises de transformation du bois, nous serons capables d’alimenter toutes les chaudières bois du territoire, se félicite Jean-Jacques Boussaingault, président du PNR du Gâtinais. C’est de l’économie sociale et solidaire. Ce projet permettra de réaliser des économies, tout en régénérant la forêt, sans rejeter de CO2 dans l’atmosphère.

Plusieurs bâtiments publics chauffés ainsi

Sur le territoire du Gâtinais, 80% des forêts sont des bois appartenant à des propriétaires privés, comme Jean-Marie Boeglin, propriétaire forestier à Pringy (Seine-et-Marne) qui estime que ce projet pourra valoriser le bois ne présentant pas une grande valeur ni en charpente ni en ébénisterie. « Certains bois sont difficiles à écouler, confie-t-il. Les vendre pour qu’ils soient transformés en plaquettes et pour qu’ils produisent de l’énergie, ça a vraiment du sens. »

Le premier client sera le PNR du Gâtinais, puisque sa maison du parc sera équipée en chaufferie. Cette maison, sorte d’office de tourisme et de siège du PNR, est en cours de construction à Milly-la-Forêt. Equipement inscrit dans le développement durable, il ne sera chauffé qu’au bois. « Et, dans le Gâtinais, une dizaine de communes étudient la possibilité de chauffer leur mairie, leur groupe scolaire ou d’autres bâtiments collectifs avec une chaudière à bois », indique Arnaud Charpentier.

L’Arene (agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies) mise beaucoup sur le « bois énergie ». « Sur 300000 tep (tonne équivalent pétrole) de bois consommés chaque année en Ile-de-France (NDLR : soit environ 2,2 millions de stères), seulement 8000 tep émanent de chaufferies collectives, note une étude de l’Arene. Mais pour la prochaine saison de chauffe, déjà plus de 20000 tep sont en projet vraiment avancé ou prêtes. La région parisienne, de par son urbanisation dense et ses gros besoins en énergie, offre un contexte plutôt propice au développement de la biomasse énergie. » Et l’Arene insiste sur un point : plus les filières sont locales, et plus elles seront rentables et efficaces.

Un exploitant agricole de Moigny associé au projet

La SCIC du PNR du Gâtinais devrait donc rencontrer un vif succès. D’autant que le bois local sera aussi transformé sur le territoire. Notamment par Bernard Lachenait, exploitant agricole qui a créé à Moigny-sur-Ecole une plate-forme de déchets verts, qui produit du compost et de la plaquette bois. « La SCIC va sûrement lancer le développement de mon activité », se réjouit-il. Même son de cloche positif pour Dominique Guillois, patron de Butabois, société à Bouville qui transforme le bois en bûches, granulés et les fameuses plaquettes qui alimentent les chaudières collectives. « Jusqu’ici, mes clients étaient surtout des particuliers, détaille-t-il. Grâce à la SCIC, nous espérons toucher les collectivités locales, les mairies et les écoles. L’énergie bois est un système de chauffage très performant. »

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