La transition écologique, c’est maintenant !

Voici  une chronique de collègues écologistes relative à la transition écologique qu’il nous faut démarrer. Parue aujourd’hui dans Libération, la Réponse à la Gauche durable : lançons la transition écologique,  montre l’évidence de la construction d’une réelle alternative au modèle dominant actuellement.

L’article argumente le fait que notre logique économique augmente l’étalement urbain qui lui-même « détruit le foncier agricole et la biodiversité et va de pair avec une moindre densité et efficacité des services publics et des transports collectifs, de la couverture médicale, de la qualité de l’offre de loisirs et de culture ».

Couverture du hors série n°55 du mensuel Politis relatif à la transition écologique

En voici la teneur :

« Face à une crise sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale, la victoire de François Hollande nous impose de réussir non seulement l’alternance, mais aussi de construire une réelle alternative au modèle dominant. D’autant qu’un spectre hante notre démocratie : celui d’une alliance entre la droite et l’extrême droite. Face à cela, il nous faut inventer un nouveau modèle. L’appel «Pour une Gauche durable», lancé en juillet par dix parlementaires socialistes (1), s’inscrit, nous semble-t-il, dans cette exigence. Ce collectif important d’élus socialistes engage publiquement à renouveler le logiciel social-démocrate et affirme avec courage que «l’appel à la croissance pour relancer l’emploi ne suffira pas».

Elus et militants écologistes, nous saluons cette démarche qui associe le projet de faire réussir et durer la gauche à l’invention d’un nouveau modèle de développement «pour une prospérité sobre en ressources, moins consumériste, précautionneuse à l’égard des êtres humains et de la nature». Les auteurs de la tribune soulignent que «la croissance productiviste et consumériste des Trente Glorieuses pourrait n’être que la nostalgie d’une génération». Il y a dans ce constat et la perspective ouverte par ce texte, un formidable levier pour renouveler le projet progressiste et offrir une perspective politique à l’Europe.

Cette démarche est essentielle car notre responsabilité collective est d’engager enfin la transition, si longtemps différée, sans laquelle les crises laisseront au bord de la route un nombre sans cesse croissant de personnes fragilisées, précarisées, privées d’avenir. Cette transition sera écologique et sociale mais aussi industrielle, pour élaborer un nouveau modèle capable de préserver nos ressources, de renouveler la démocratie et de créer des emplois.

Le collectif «Gauche durable» affirme la nécessité de répondre à la fracture géographique et sociale très marquée de la France. La carte du vote Le Pen recouvre très largement la France périphérique, la France de la «mal-santé sociale», la France éloignée des grandes métropoles qui cumule pauvreté et délaissement par les services publics. A laisser le fossé s’agrandir, nous prenons le risque de voir le vote extrême se renforcer au fur et à mesure des rendez-vous électoraux.

Or, la situation de ces populations risque de s’aggraver encore dans les mois et les années qui viennent. Pire encore, avec la hausse des prix de l’habitat, et la baisse du pouvoir d’achat d’une part croissante de la population (travailleurs pauvres, salariés à temps partiel contraint, retraités précarisés…), le nombre de personnes qui viennent trouver refuge dans le périurbain se renforce toujours plus. Cela augmente encore l’étalement urbain qui détruit le foncier agricole et la biodiversité et va de pair avec une moindre densité et efficacité des services publics et des transports collectifs, de la couverture médicale, de la qualité de l’offre de loisirs et de culture. Nous devons inventer et territorialiser une politique d’innovation sociale fondée sur l’accompagnement des personnes, et reposant sur des services publics adaptés, le secteur associatif et l’économie sociale pour casser cette spirale terrible. C’est à cette condition que nous pourrons engager avec la société la transition, sans laisser personne au bord de la route.

«Gauche durable» affirme la nécessité de réinventer les modes de participation des habitants à la démocratie et à la vie collective du pays. Oui, les rendez-vous électoraux ne peuvent suffire à faire vivre la démocratie. Oui, il faut sortir des logiques clanistes et clientélistes. En plus de l’instauration d’une dose conséquente de proportionnelle et de la limitation du cumul des mandats dans le temps comme dans les fonctions, il est vital que l’acte III de la décentralisation puisse renforcer la capacité d’initiative et de contrôle de la société civile.

Dans cette dynamique, les enjeux de la solidarité, de l’accompagnement social, de la santé, de l’éducation adaptée à la personne, ce que nous appelons «vivre mieux», sont cruciaux. L’invention d’une écologie sociale passe par la priorité donnée à la mise en œuvre d’une fraternité active et pragmatique ouvrant à la société du care, de l’attention aux autres. Cette perspective implique de donner la priorité à la prévention, tant dans le domaine de la santé que de l’éducation et la formation, pour améliorer la situation des personnes et favoriser une meilleure utilisation des ressources publiques.

Face à la perte de crédit des institutions et dans le progrès social, en particulier dans les catégories populaires, notre responsabilité est d’établir un dialogue réel et constructif avec la société. Le temps n’est plus à la compétition électorale, il est au rassemblement et à l’action. Parce que le temps presse, et parce que pour réussir il faut sortir du court terme. Alors nous répondons chiche au collectif «Gauche durable» : engageons ensemble les «ateliers de la transition», dans nos territoires. La transition écologique c’est maintenant ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *