Mariage pour tous : le 16 décembre, manifestons-nous !

A quelques semaines du débats dans nos chambres parlementaires, de l’adoption d’une loi ouvrant le mariage aux homosexuels, un collectifs d’intellectuels, de politiques, d’associatifs et bien d’autres encore, appellent à se manifester. Afin que l’on entende pas seulement les opposants à cette proposition mais aussi et surtout ses soutiens et défenseurs. Parce qu’ils sont nombreux et légitimes, bien qu’actuellement silencieux.

Deux jeunes filles s’embrassent à Marseille, le 23 octobre 2012, lors d’une manifestation anti-mariage pour tous organisée par l’association Alliance Vita

Les opposants à l’ouverture du mariage et de la filiation aux couples de même sexe exigent l’ouverture… d’un débat. Certes, on en discute déjà depuis plus de quinze ans en France, et onze autres pays ont déjà franchi le pas depuis 2001. Réjouissons-nous toutefois : hier encore, ces mêmes opposants évitaient le sujet, beaucoup préférant débattre d’identité nationale ou d’islam.

Reste qu’en fait de discussion, aujourd’hui, on entend surtout les adversaires de l’égalité des droits. Comme à l’époque du pacs, ils ressortent leurs antiennes sur les «fondements anthropologiques de la culture», qu’ils veulent croire intangibles – au mépris de tout savoir anthropologique. Et de présenter le mariage et la famille comme des «institutions naturelles» – sans craindre la contradiction logique.

Pire : on entend plus d’invectives que d’arguments : polygamie, zoophilie, inceste et pédophilie, consumérisme et marchandisation, indifférenciation et discrimination, violence et même terrorisme, voici notre société menacée des dix plaies d’Egypte. Et, une fois encore, une partie de la communauté nationale est mise à l’index. Pourtant, il nous est interdit de dénoncer l’homophobie : on nous taxerait d’intolérance, en criant au chantage… Or, que ces attaques nous visent personnellement, ou pas, elles nous sont insupportables.

Il est grand temps de nous faire entendre. Dans quelle société voulons-nous vivre ? Nos adversaires aimeraient conserver un ordre ancien, fondé sur l’inégalité. Si l’Etat démocratique doit renoncer à instituer la hiérarchie des sexes, au nom de quelle valeur pourrait-il instituer celle des sexualités ? Au contraire, la démocratie doit se donner pour objectif d’approfondir ses idéaux. Il faut avancer vers l’égalité, mais aussi vers la liberté. Il s’agit en effet d’offrir à chacune et à chacun plus de choix pour composer son mode de vie. Ouvrir à toutes et à tous le mariage, l’adoption, sans oublier la procréation médicalement assistée, c’est faire pénétrer l’exigence démocratique dans le droit pour interroger les normes sexuelles. Quels que soient notre sexualité et notre genre, nous irons faire entendre nos valeurs en nous manifestant le 16 décembre.

LES PREMIERS SIGNATAIRES

Christine Bard Historienne, université d’Angers Daniel Borrillo Juriste, Paris-Ouest-Nanterre Laurent Cantet Cinéaste Patrick Chamoiseau Ecrivain Daniel Defert Sociologue, fondateur d’Aides Virginie Despentes Ecrivaine Elsa Dorlin Philosophe, Paris-VIII Didier Eribon Philosophe, université d’Amiens Annie Ernaux Ecrivaine Eric Fassin Sociologue, Paris-VIII Françoise Gaspard Sociologue Bertrand Guillarme Philosophe Paris-VIII Serge Hefez Psychiatre Pierre Lascoumes Politiste, CNRS Sandra Laugier Philosophe, Paris-I Frédéric Lebaron Sociologue, université d’Amiens Danièle Lochak Juriste, Paris-Ouest- Nanterre Noël Mamère Maire de Bègles Caroline Mécary Avocate, Janine Mossuz-Lavau Politiste, Cevipof – Sciences-Po Ruwen Ogien Philosophe, CNRS Emmanuel Pierrat Avocat et écrivain Evelyne Pisier Politiste, Paris-I Sabine Prokhoris Psychanalyste Mathieu Riboulet Ecrivain Olivia Rosenthal Ecrivaine Gisèle Sapiro Sociologue, EHESS Lilian Thuram Président de la fondation Education contre le racisme Louis-Georges Tin Fondateur de la Journée mondiale contre l’homophobie Michel Tort Psychanalyste Enzo Traverso Politiste, université d’Amiens Eleni Varikas Philosophe, Paris-VIII Paul Veyne Historien.

 

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