Rural et périurbain, parier sur l’innovation sociale

Conseiller régional d’Île-de-France, mais surtout grand sociologue spécialiste des questions liées au vieillissent de la société et aux enjeux de l’intergénération, Serge Guérin nous apporte toujours un point de vue particulier. Dans la Gazette du 20 août, il nous expose son idée du rural et du périurbain. Pour s’assurer un avenir sain et sortir du déclin et de la défiance, ces territoires devraient selon lui encourager une véritable politique d’accompagnement des personnes.

« Plus de 60 % de la population vit en zone rurale ou dans des villes petites et moyennes éloignées des grandes métropoles : c’est la France périphérique, selon Christophe Guilluy, géographe et consultant auprès des collectivités territoriales.

Ces territoires fragilisés cumulent disparition des services publics, faiblesse de l’offre loisirs et culture, raréfaction de l’emploi, hausse des coûts et des temps de transport…

Pire, avec l’aggravation des prix de l’habitat et la baisse du pouvoir d’achat de plus en plus de personnes (travailleurs pauvres, salariés à temps partiel contraint, fonctionnaires de catégorie C, employés et ouvriers, retraités précarisés…), la population s’accroît dans ces zones.

Face à cette spirale du déclin, les collectivités territoriales doivent s’appuyer sur l’innovation sociale de proximité pour accompagner ces publics en difficulté par la présence des services publics via une démarche de mutualisation de l’offre de services publics, à l’exemple des Point information médiation multiservices (Pimss), par le développement de plate-forme multiservices de soin orientés vers la prévention, en constituant des points de regroupement physiques et numériques pour favoriser le covoiturage, l’utilisation de mini-bus à la demande, de vélos…

L’innovation sociale de proximité implique que les collectivités territoriales soutiennent les initiatives des associations, des entreprises sociales et solidaires et des bailleurs sociaux légitimes sur leur territoire.
Il s’agit aussi bien de favoriser la compétence numérique des populations, d’organiser du soutien scolaire, de soutenir l’inclusion sociale de publics précaires… Mais aussi de faciliter l’habitat partagé et l’habitat intergénérationnel, d’accompagner l’auto-construction de logements, l’organisation du recyclage ou l’échange de biens et de services, d’aider une agriculture de maraichage…

Pour sortir la France périurbaine et rurale du déclin et de la défiance, une politique d’accompagnement des personnes est essentielle. La crise des finances publiques nécessite de s’appuyer sur les associations et l’économie sociale et solidaire, souvent à la fois plus économes en ressources et plus adaptées à la diversité des publics soutenus comme des territoires. »

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