Contre la marchandisation des naissances et la sauvegarde de lieux tels que les Bluets

Ci-dessous un retour (via un communiqué de presse) sur la mobilisation des Bluets de jeudi 6 juin à laquelle j’ai participé avec plus de 600 autres personnes.
En compagnie de Julie Nouvion et au premier plan, Laure Lechatellier, lors de la mobilisation

Les élu/es écologistes expriment leur inquiétude face à la situation de la maternité des Bluets, située sur le site de l’hôpital Trousseau, dans le 12e arrondissement de Paris.

Pour Laure Lechatellier, Vice-présidente en charge de la santé à la Région : « Une fois de plus, les Bluets sont en danger. Victimes de vouloir trop bien faire. Je plaide pour que l’accompagnement à la parentalité et à l’allaitement soit reconnu Mission d’Intérêt Général. C’est la seule possibilité pour les maternités de faire de la qualité sans se ruiner. »

« Aujourd’hui, même les naissances sont soumises à des logiques de marchandisation. C’est ce contre quoi s’est toujours battue cette maternité. Et c’est cette lutte qui la fait condamner aujourd’hui », s’indigne Mounir Satouri, président des élu/es EELV du Conseil régional d’Ile-de-France.

Haut lieu du militantisme pour le respect du projet de naissance et pionnière de l’accouchement sans douleur, la maternité des Bluets a valeur de symbole. Renommée et plébiscitée par les futurs parents, elle est la seule en Ile-de-France à être labellisée « Hôpital Ami des  Bébés », pour son rôle en matière d’allaitement et d’aide à la construction de la relation parents-enfants. Aux Bluets, chacune des 3000 naissances annuelles est un évènement à part, auquel on consacre du temps et du personnel.

Mais les comptes de l’association gestionnaire, Ambroise Croizat, sont au plus bas. Avec un déficit cumulé de plus de 6 millions d’euros, la maternité est même au bord de la mise en liquidation judiciaire.

A qui la faute ? La mise en place de la tarification à l’activité (la  fameuse T2A) n’est pas étrangère à cette situation. Avec ce système, ce qui relève de l’accompagnement des familles, et qui fait la renommée de l’établissement, ne rapporte rien. Au contraire, les actes médicaux lourds sont encouragés. C’est ainsi que la césarienne est mieux rémunérée que l’accouchement par voie basse. Or, la maternité des Bluets aurait plutôt tendance à réduire le nombre de césariennes, de l’ordre de 14 % contre environ 40 % dans les autres maternités. Cette pratique vertueuse lui joue des tours sur le plan financier.

L’Agence Régionale de Santé (ARS) s’était engagée à apporter son soutien, en échange de la mise en œuvre par l’association Ambroize Croizat de bonnes pratiques de gestion. En 2012, elle a respecté sa parole, avec une aide exceptionnelle de 1,2 millions d’euros. Mais pour 2013, cet engagement est manifestement remis en question.

Les élu/es écologistes ont participé au rassemblement du 6 juin. La vidéo ci-après remémorera la mobilisation : http://elus-idf.eelv.fr/maternite-des-bluets-victime-de-la-marchandisation-de-laccouchement/

Objectif : obtenir la confirmation du soutien de l’ARS en 2013. Cette décision marquerait un changement de cap en faveur de la valorisation d’un patrimoine social et sanitaire unique.

Une pétition existe sur Change.org, « La santé et la formation ne sont pas des marchandises »

Il existe un site pour l’association « touche pas aux Bluets »

 

Pour en savoir plus :

Même si la tonalité générale s’est voulue rassurante vis à vis de la maternité, pour autant la situation reste tendue. Et la mobilisation plus que nécessaire à poursuivre pour montrer notre détermination face à l’ARS. La menace d’une cessation de paiement continue de peser sur l’établissement.
Un prochain rendez-vous est d’ores et déjà fixé par le collectif de soutien, au 20 juin avec un défilé qui partira de la Bastille en direction de Nation.
A suivre également de près, la mobilisation de la maternité des Lilas, établissement qui semble rencontrer également des difficultés.

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